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« Enfant, j’avais très peur de l’eau
depuis le jour où des jeunes avaient enlevé ma bouée à la piscine. Par
fierté, et aussi parce que j’avais vu sur le mur de l’école une affiche
décrivant les quatre mouvements de la brasse, j’ai décidé d’apprendre à
nager tout seul. J’y suis arrivé en trois jours à la “plage de
Choisy-le-Roi” (un bord de Seine avec du sable). Je me souviens de la
frayeur de ma mère lorsque j’ai sauté dans la Seine devant elle pour lui
faire la surprise !
J’ai été remarqué par un maître-nageur,
qui m’a présenté à un entraîneur. A 15 ans, j’ai connu le water-polo et
cela a été tout de suite une passion. J’ai joué mon premier match dans
les buts, puis ensuite à l’arrière. Avec mes collègues de Choisy nous
sommes devenus champions d’Ile-de-France juniors, puis champions de
France en 1962.
Je suis entré ensuite au fameux
“Bataillon de Joinville”, avec les meilleurs athlètes du moment, puis
j’ai intégré l’équipe de France de water-polo où je suis resté jusqu’à
32 ans. Mon plus grand regret est d’avoir raté de très peu la sélection
pour les jeux Olympiques de Rome en 1960.
Je suis resté fidèle à l’équipe de
Choisy qui exerçait en “Nationale”, jusqu’en 1976, c’est-à-dire à 44
ans. Alors que j’avais arrêté la compétition, par le hasard des
retrouvailles avec un copain, j’ai “remis ça” sept ans plus tard en
équipe 2 puis en équipe 1 à Corbeil-Essonnes, où je suis devenu
capitaine et où j’ai exercé jusqu’à 55 ans.
Un an plus tard, en 1988, sont apparues
les “courses de maîtres”. Il s’agit de compétitions internationales de
natation, auxquelles on peut s’inscrire à partir de 25 ans et sans
limite d’âge, organisées par tranches de 5 ans (à Montréal en 1994 j’ai
vu évoluer un nageur de 102 ans…). Les années paires ont lieu les
championnats du monde et les années impaires les championnats d’Europe.
C’est ainsi que j’ai commencé un
véritable “tour du monde”, depuis Rio-de-Janeiro en 1990 jusqu’à
San-Francisco où je vais me rendre en août prochain, en passant par le
Canada, l’Angleterre, le Maroc, l’Allemagne et l’Italie. Au Brésil, j’ai
participé à un “défi” lancé par un champion local, qui voulait prouver
qu’il était possible de s’évader à la nage de l’Isla Grande, située au
sud de Rio, à 8 km du continent.
Je participe également à des courses de
fond en mer, comme par exemple récemment à Palma de Majorque (5 km de
course), ainsi qu’aux championnats de France d’hiver (les derniers au
début de ce mois à Dunkerque). Une autre expérience mémorable fut ma
collaboration au record du monde du “1000 fois 100 mètres”, une course
où se succèdent mille nageurs jour et nuit pendant 24 heures.
Je suis fier enfin d’avoir reçu la
médaille d’or “jeunesse et sports”. Je pense que j’arrêterai la
compétition “quand je ne serai plus beau à voir”… en tous cas avant
l’âge de 100 ans, si je l’atteins !
Avec mon épouse nous sommes servonnais
depuis 1980 et nous avons le plaisir d’avoir des enfants et des petits
enfants passionnés de sport. »
Les compétitions auxquelles
participe Jean Andrieu sont entièrement à ses frais. Il serait très
heureux si des entreprises locales s’intéressaient à sa discipline en le
“sponsorisant”, même modestement. Merci de prendre contact par
l’intermédiaire de la mairie. |

Dans ma "salle de muscu" privée

Dans mon élément naturel

Une partie de ma moisson de médailles
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