|
A l’occasion d’un concert donné par un pianiste russe, la proposition
m’a été faite d’aller étudier le piano en URSS. C’est ainsi que le 15
juillet 1972, je recevais ma convocation pour Moscou, où j’atterrissais
sans connaître personne, mais en parlant quand même la langue, qui était
celle de mon père. A l’arrivée, j’ai demandé à entrer en fac de
mathématiques, ce qui m’a obligé à passer le bac russe, tout en suivant
des cours de piano pour le plaisir. L’université comptait 40 000
étudiants, dont 10 000 étrangers venant de 160 pays.
Au bout d’un an, je me suis orienté vers la physique, puis vers une
spécialité en physique nucléaire. L’enseignement était d’une qualité
très élevée, avec des professeurs mondialement connus, dont un élève
d’Albert Einstein. Après ma thèse de doctorat j’ai reçu des propositions
pour travailler aux USA, ainsi qu’en France. Néanmoins, entre-temps
j’avais fait la connaissance de ma future épouse, qui travaillait à
l’ambassade de France à Moscou.
En 1979, l’un de mes amis d’enfance a été nommé ambassadeur de Colombie
à Moscou et m’a demandé de venir travailler avec lui. J’ai donc entamé
une carrière diplomatique, étudié le droit international et vu défiler
plusieurs ambassadeurs, avant d’être nommé en 1988 Consul Général de
Colombie en URSS, quelques années avant que celle-ci ne s’effondre. Nous
habitions à Moscou, à 200 mètres de la « Maison Blanche » (siège du
parlement) et nous avons vécu aux premières loges l’incendie du bâtiment
et les affrontements du coup d’Etat de 1993.
Quand mon pays m'a demandé de revenir à Bogota, j’ai préféré
démissionner pour prendre une fonction de représentant de la Fédération
du Café de Colombie à Paris, tout en installant ma famille… à Servon.
J’ai sillonné l’Europe, le Moyen Orient et les pays méditerranéens pour
promouvoir le fameux « Café de Colombie », jusqu’au jour où la chute
dramatique des cours du café m’ont amené à changer de voie, pour prendre
la direction commerciale d'un groupe milanais fabriquant de machines à
café.
Voilà, comment, à partir d’une thèse sur la physique nucléaire, on peut
arriver au "petit noir" en passant par la diplomatie ! |