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« Je me suis toujours intéressé à la
gastronomie, ainsi qu'aux produits de la mer. Mes études m'ont conduit
dans le commerce et j'ai commencé en vendant des bibles en porte à
porte, puis en tenant un stand de vente de bijoux dans une galerie
marchande.
Ensuite je suis devenu agent
commercial, vendeur de parfums, gérant de boutiques de vêtements,
directeur commercial pour une société de vente de foie gras... Jusqu'au
jour où j'ai tout laissé tomber pour monter avec une amie un élevage de
chevaux destinés aux concours de saut d'obstacles !
Mais la gastronomie me manquait… Aussi,
lorsqu'il y a huit ans je suis tombé sur une annonce proposant une
formation de neuf mois en "commerce des produits de la mer" je n'ai pas
hésité. J'y ai appris à connaître plus de 500 espèces de poissons, à le
travailler, à le "fileter", ainsi que les conditions de propreté et
d'hygiène dans la distribution.
N'ayant pas les moyens d'acheter un
magasin, j'ai installé un "auvent" extérieur, que j'ai exploité pendant
deux ans dans la région de Nancy. Après avoir été poissonnier dans une
grande surface, j'ai rejoint la Seine-et-Marne pour me rapprocher de ma
compagne et pour occuper un poste de responsable des ventes dans une
société de Rungis.
Par chance j'ai appris que le
poissonnier installé dans l'Intermarché de Servon allait prendre sa
retraite. C'était une opportunité incroyable, car l'emplacement est de
qualité et l'équipement fourni. Depuis le 14 février 2005 je gère donc
ma propre affaire, en qualité d'artisan poissonnier, en payant un loyer
à la grande surface. Les affaires marchent bien, les ventes sont en
augmentation de 40 à 50% par rapport à 2004.
Je travaille avec deux sources
d'approvisionnement. D'une part la centrale d'achat de la chaine, un
gros fournisseur qui possède 18 chalutiers de haute mer. D'autre part un
mareyeur de Fécamp, qui propose des produits plus chers mais très haut
de gamme, car pêchés par des petits bateaux partant pour un ou deux
jours seulement. Enfin, j'offre maintenant une variété de coquillages
beaucoup plus étendue : environ 70 à 80 références se côtoient sur
l'étal chaque jour.
Mon premier plaisir le matin c'est de
découvrir la marchandise. Quand j'ouvre les caisses et regarde les
poissons ou les fruits de mer aux couleurs chatoyantes… je suis déjà en
train de réfléchir à l'étal que je vais faire. J'ai vraiment
l'impression d'être artiste peintre, de faire une aquarelle différente
chaque jour.
L'autre plaisir, c'est bien sûr quand
les clients (et surtout les clientes) me félicitent en me disant que
l'étal est beau ! Il y a aussi des poissons que j'essaye de faire
connaître un peu plus : le requin, l'espadon, le congre, le mérou, des
pièces qui peuvent atteindre presque deux mètres ! Les clients y
reviennent, car c'est délicieux. En outre, le poisson est excellent pour
la ligne et pour lutter contre le cholestérol.
J'ai trouvé un logement à Servon et je
me plais énormément dans cette "petite ville" qui a gardé l'esprit
village. Ma clientèle est comme une petite famille, je parle beaucoup
avec les gens et je me suis déjà fait une quantité d'amis
impressionnante. » |