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« Depuis mon plus jeune âge j’ai dû me
débrouiller avec mon handicap.
Après la maternelle, mes parents m’ont
inscrit dans une école privée pour malentendants. Ensuite, j’ai intégré
l’Institut National des Jeunes Sourds, rue Saint-Jacques, qui est un
établissement public d’enseignement spécialisé. Ma mère m’a montré
comment prendre le train et le métro et très vite je me suis débrouillé
seul.
Le mercredi je pratiquais le foot et le
judo, avec des entendants mais cela se passait très bien. Pour le judo
c’était facile car le club était en face de chez moi. J’ai fait de
nombreuses compétitions et ramené beaucoup de médailles à la maison,
collectionnant les 1ères et 2èmes places.
J’ai arrêté le foot pour consacrer
toute mon énergie au judo, avec un entraînement assidu et un régime
sévère. Cela a payé lorsque j’ai disputé les championnats de France des
sourds et malentendants, en obtenant la 3ème place en 2007 et la 2ème en
2008.
Les championnats du monde ont eu lieu
le dernier week-end de mai 2008 à Toulouse. Pour y participer, j’ai
effectué un stage d’une semaine avec l’équipe de France. C’était très
intensif : combats, courses, natation…
A l’issue des sélections je suis arrivé
3ème et j’ai donc eu la joie d’obtenir mon “billet pour Toulouse”, avec
l’espoir de finir sur le podium mais en sachant que ce serait difficile
! Au 1er tour j’ai été battu par un russe, puis repêché au 2ème tour et
finalement battu au 3ème par un japonais. J’ai terminé 5ème sur 8, un
peu déçu par rapport à mes objectifs mais quand même content car ce fut
une belle aventure.
Mes camarades du dojo de Servon m’ont
apporté un énorme soutien. C’est un club où je me sens bien, avec une
excellente ambiance et des professeurs sympathiques et compétents.
Je suis très heureux à Servon, où j’ai
rencontré Coralie, ma compagne, et où nous sommes installés avec notre
petite fille Léa, née en 2007. Coralie est sourde elle aussi et nous
communiquons en langage des signes, que nous apprenons également à notre
fille.
Avec les parents et beaux-parents, qui
n’ont pas une pratique aussi poussée, nous faisons des gestes simples ou
nous écrivons. Bien sûr nous ne pouvons pas téléphoner mais aujourd’hui
internet est d’un grand secours pour les personnes qui ont ce type de
handicap. » |