Un roi et une reine choisis
parmi les mariés de l'année
La “Fête des
cocus” avait lieu dans la deuxième quinzaine
d’août, le mardi suivant la fête du village qui,
elle, s’installait sur la place de l’église du
samedi au lundi, avec ses stands, son manège de
chevaux de bois, son bal populaire et sa fameuse
course cycliste.
Le lundi était
jour férié pour les employés de l’agriculture,
qui pouvaient ainsi participer aux jeux de plein
air : montée au mât de cocagne, course en sac,
course à l’œuf, concours de tir, etc.
Le roi des
cocus et sa dame étaient choisis par un jury bon
enfant parmi les jeunes mariés des douze mois
précédents. Ceux qui s’étaient le plus récemment
unis avaient les meilleures chances d’être élus.
Comme il se
doit, la calèche qui transportait le “couple
royal” était ornée de jaune... Quoi de plus
normal en cette saison où les gerbes de blé et
les fleurs sauvages fournissaient les
décorations nécessaires ?
En tête du
cortège parcourant les chemins du village
accompagné de la fanfare, il y avait le maire,
cocarde tricolore à la boutonnière, le président
du comité des fêtes, le garde-champêtre et le
porteur de la pancarte événementielle, surmontée
d’une remarquable paire de cornes de cerf !
On faisait un
passage obligé devant la gare, afin d’y entonner
le traditionnel refrain : "Il est cocu le chef
de gare, s’il est cocu c’est qu’sa femme l’a
voulu, ohé, ohé…". Et quand le cortège reprenait
sa marche il chantait : "Si tous les cocus
portaient des clochettes, au-dessus de la tête,
ça f’rait tant de chahut, qu’on s’entendrait
plus…".
Le soir venu,
les roi et reine d’un jour avaient pour
obligation d’ouvrir le bal champêtre. |

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