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Mon histoire est celle d’un petit
garçon qui faisait le clown aux fêtes du village, chez lui au fond de
l’Isère. J’étais fasciné par le monde du cirque, qui était l’un des
rares spectacles à venir jusqu’à nous. Très tôt ma passion s’est tournée
vers la littérature, le théâtre et le cinéma (en commençant par les
grands comiques du muet).
J'ai eu la chance d’être soutenu dans
ma vocation par mon prof de français, qui m’a encouragé à "monter à
Paris" et à me présenter au concours du Conservatoire National d’Art
Dramatique, où j’ai été reçu à l’unanimité.
Ce fut un choc fantastique que de
plonger dans le milieu artistique parisien de ce temps-là, de fréquenter
les cabarets de la rive gauche, de côtoyer les plus illustres des
créateurs et des acteurs. Cela reste dans ma mémoire comme des "années
bénies". Au Conservatoire, Pierre Dux et Jean-Paul Belmondo étaient mes
camarades.
J’ai été engagé au Théâtre des
Ambassadeurs (devenu depuis l’Espace Pierre Cardin), puis au Théâtre du
Palais Royal en compagnie de Jean Poiret et sous la direction de Jean
Meyer. J’ai joué pendant dix ans les rôles du répertoire classique et
moderne, ainsi que dans de nombreuses dramatiques télé.
Je suis venu à la mise en scène un peu
par hasard, parce que des comédiens m’ont sollicité. Avec mon épouse
France Darry, comédienne elle aussi et une quinzaine d’autres, nous
avons créé la compagnie "Les vilains".
Alors que l’on m’offrait d’entrer à la
Comédie Française, j’ai préféré accepter la direction du nouveau Centre
Dramatique de Languedoc-Roussillon, connu sous le nom des "Tréteaux du
Midi", basé à Béziers, où j’ai emmené une partie de mon équipe. Ce fut
une expérience passionnante mais très dure, cumulant les difficultés de
la création, de la gestion administrative, technique et financière,
ainsi que des relations avec les politiques et les pouvoirs publics pour
obtenir les subventions... Nous étions récompensés par un succès
populaire dont j’ai gardé la nostalgie.
Je suis revenu à Paris sept ans plus
tard, où j’ai repris mes deux activités de comédien et de metteur en
scène. J’ai eu la chance d’obtenir trois Molière d’honneur pour une
pièce de Dario Fo, "Mort accidentelle d’un anarchiste", mise en scène au
Théâtre La Bruyère.
Actuellement, je joue en compagnie de
Michel Bouquet dans "Le Roi se Meurt" d’Ionesco, mis en scène par
Georges Werler. Après le succès de la pièce à Paris et les récompenses
obtenues aux Molières 2005, nous avons entamé une tournée en France qui
va durer jusqu’en avril 2006.
Parallèlement, je signe la mise en
scène d’un classique du Boulevard, "Le mariage de Barillon", de Georges
Feydeau, au Théâtre du Palais-Royal. Je ne me pose pas vraiment la
question de la retraite, je crois que j’arrêterai quand je ne pourrai
plus me lever pour monter sur scène...
Nous avons élu domicile à Servon il y a
déjà près de quarante ans. Nous recherchions une maison tranquille hors
de Paris et nous sommes tombés sous le charme de cette vieille demeure
du 18ème siècle, à laquelle la patine du temps avait donné une âme...
Elle est proche du centre mais bénéficie d’une vue imprenable sur la
campagne environnante. Nous apprécions de voir Servon évoluer et se
moderniser tout en préservant ce calme. |

Jacques Echantillon

France Darry
Scène de la pièce "Le roi se meurt"
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