|
« Dès l’âge de 14 ans, j’ai été membre de l’Union Cycliste Briarde, club
implanté à Chevry-Cossigny. J’ai disputé un grand nombre de courses en
amateur. C’était le plus souvent des épreuves régionales, sur des
parcours d’environ 100 km.
Après avoir abandonné la compétition, à 40 ans j’ai ‘’remis ça’’ comme
éducateur bénévole à Lésigny où j'entraînais d’un groupe de jeunes.
C’était les débuts de Laurent Fignon (vainqueur du Tour de France en
1983 et 1984), qui était de Tournan-en-Brie et roulait quelquefois avec
nous.
Puis je me suis lancé dans le ‘’cyclo-sport’’, discipline qui réunit des
amateurs passionnés. Il existe une quinzaine de manifestations par an,
dont les plus connues portent les noms de champions cyclistes : ‘’la
Jacques Anquetil’’ en vallée de Chevreuse à laquelle j’ai participé
trois fois, "la Bernard Hinault’’ chez lui à Yffignac. Il y a aussi
‘’l’Épervier’’, dans l’arrière-pays niçois.
En 1989, j’ai reçu un ‘’Trophée de Bronze’’ pour avoir disputé ces trois
épreuves la même année. Entre-temps, en 1987 j’avais fait Paris-Roubaix,
dont le parcours est le même que pour les pros, sur les fameux pavés du
Nord. En 1988, ce fut Bordeaux-Paris, 640 km sans interruption !
Mentalement, il faut une énorme stimulation, dans le genre ‘‘je dois
vivre ça au moins une fois’’.
C’est également en 1987 que j’ai entamé mes ‘’grandes traversées
d’été’’, en compagnie de mon beau-frère, servonnais lui aussi. Notre
projet était de rejoindre à vélo Carnoux-en-Provence, où habite ma sœur.
Le trajet prenait 4 jours mais réclamait plus de temps sur le papier que
sur la route ! Il faut décrire l'itinéraire sur la carte, les distances,
les localités traversées... On faisait même un dessin de la déclivité,
comme on le voit au moment du Tour de France !
Attention, pour nous c’était aussi les vacances, donc pas question de
vivre comme des moines ! Nos épouses faisaient la traversée en voiture
et nous retrouvaient aux points de rendez-vous : restaurants, hôtels,
gîtes de la Fédération Française de Cyclotourisme...
Puis est arrivé en 1993 le décès de mon épouse. Pendant longtemps j’ai
perdu l’envie de reprendre la route. En 2002, c’est mon beau-frère qui à
son tour nous a quittés…Mais un bon cycliste ne se laisse jamais
abattre, aussi la vie a-t-elle repris le dessus quand j’ai rencontré
Véronique, devenue ma compagne et ma co-équipière.
Tous les deux, nous avons repris en 2003 le trajet Servon – Carnoux,
selon une autre formule : sur des vélos de randonnée, sans assistance et
sans réservation préalable, en emportant chacun 18 kilos de vivres et de
vêtements … Cela nous a pris 9 jours !.
Pour une aventure comme celle-là, il faut bien sûr s’entraîner
physiquement et mentalement pendant plusieurs mois. Bientôt, nous serons
prêts pour notre objectif 2004 : le tour de la Corse » |