Kazimiera Skibinska

 

 

 

 

 

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Sa passion, c'est la vie

Dans quelques mois, Kazimiera entamera sa centième année. Chaleureuse et pleine d'humour, elle a bien voulu nous raconter sa vie, en compagnie de son fils qui aura bientôt 80 ans !
Pour le 13 juillet 2004, jour de ses 100 ans, nous lui avons promis de lui dédier le feu d'artifice
 et elle compte bien venir danser et chanter avec tous les servonnais…

« Je suis née en effet le 13 juillet 1904, dans un petit village à 50 Km de Varsovie. A cette époque, l'ancien royaume de Pologne n'existait plus, la Prusse et la Russie se l'étaient partagé... Nous étions dans la zone russe, mes parents étaient fermiers et assuraient aussi une fonction de garde-barrière.

La vie était très dure et poussait les hommes à émigrer. J'avais 17 ans quand je me suis mariée et 19 ans à la naissance de mon premier fils, juste avant que mon mari parte chercher du travail en France. Il est arrivé en Côte d'Or en 1924 où il a été embauché comme forgeron et où je l'ai rejoint un an plus tard. Puis ce fut la Lorraine et les mines de fer, ensuite Aulnay-sous-Bois, Villeparisis et enfin Drancy où il a trouvé un emploi durable dans une fonderie.

Nous avions envie d'une "petite baraque à la campagne" et nous avons acheté un terrain près de Servon dès 1932… Puis ces quelques ares ont été échangés contre une autre dans le village, avec cette fois le projet d'y construire notre maison. Nous faisions tout nous-mêmes en venant depuis Drancy, les travaux ont duré 3 ans.

Enfin nous nous sommes installés à Servon et j'ai pu travailler dans une entreprise d'élevage de volailles à Lésigny, comme "plumeuse de poules" ! L'établissement a disparu depuis longtemps, je crois qu'aujourd'hui il y a un club hippique à cet endroit. J'ai été aussi ouvrière d'usine à Créteil, dans une fabrique de rouges à lèvres. Après un licenciement économique, je me suis reconvertie en veilleuse de nuit à l'Hôpital de Brie-Comte-Robert et j'ai pris ma retraite à 66 ans, cela fait bientôt 33 ans !

Mon mari est décédé en 1986 à 91 ans et le cancer a emporté mon 2ème fils en 1982, il avait 56 ans. Le fait d'aborder ma 100ème année ne changera rien pour moi, j'espère bien continuer de me débrouiller seule pour le ménage et les repas. Mon fils aîné m'emmène faire les courses. J'ai une excellente mémoire, surtout pour les chiffres et je me suis mise à l'euro beaucoup mieux que les jeunes !

J'ai une santé de fer et un excellent appétit, il m'arrive de me lever en pleine nuit pour prendre un petit goûter avec du lait et des biscottes… Malheureusement, toutes mes amies sont parties, mais il me reste la télévision où tout m'intéresse, spécialement les feuilletons.

Avec la Pologne, il ne me reste plus beaucoup de liens, j'y suis allée seulement deux fois et les membres de ma famille ne m'écrivent plus. Malgré tout, je serai très heureuse l'an prochain de fêter en même temps mes "100 printemps" et l'entrée de mon pays d'origine dans la communauté européenne ».

 

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