Jean-Claude Ouada

 

 

 

 

 

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Le piéton de Saint-Jacques

En 2000, Jean-Claude OUADA, jeune retraité, entreprit "le vrai pèlerinage", celui qui même à pied du Puy en Velay à Saint-Jacques par l'itinéraire le plus ancien, appelé "via Podiensis" et qui rejoint, après les Pyrénées et la passe de Roncevaux, la pointe du "Finisterre" espagnol par le fameux "camino francese"

« C'était un vieux rêve, une chose à laquelle je pensais depuis 15 ans comme un défi personnel dont je parlais souvent aux amis…Malgré tout, quand l'an dernier j'ai fait mes préparatifs, ils ont tous été étonnés, d'autant que j'avais décidé de partir seul !

La distance du Puy en Velay à Compostelle est de 1 500 kilomètres. Pour ma part, j'ai fait le trajet en 53 jours, donc en moyenne près de 30 km par jour, entre le 17 avril et le 8 juin. Au début, on fait de plus courtes distances, car le chemin est assez dur, avec des montées quasi permanentes jusqu'à Conques. Au bout de 800 kilomètres, on est en pleine forme et on peut faire 40 kilomètres et plus. Ma plus longue étape a été de 52 kilomètres, mais c'était parce que le gîte où je devais dormir était complet…

Il faisait parfois très frais le matin, surtout dans la traversée de l'Aubrac. Le chemin est parfaitement balisé (dénommé GR 65 en France). Je suis parti seul, mais en fait dès le premier jour, j'ai fait connaissance avec des gens de toutes les nationalités (Suisses, Belges, Hollandais, Brésiliens, Australiens), dont certains sont devenus de très bons amis.

Pendant la journée, on peut être nombreux et en même temps marcher en silence, être très "seul dans sa tête", il y a une sorte de recueillement. On discute et on échange beaucoup à la fin des étapes, qui commencent en général vers 7 heures du matin et se terminent en milieu d'après-midi.

Tout le long du trajet il y a des gîtes pour accueillir les pèlerins. Le confort est souvent "spartiate", surtout en Espagne. La partie espagnole est beaucoup plus facile car le chemin est plus plat et le climat agréable. Il y a de plus en plus de monde car plusieurs chemins se rejoignent, d'abord à Roncevaux puis à Pampelune.

L'arrivée à Saint-Jacques est assez magique, on éprouve un sentiment d'euphorie. J'attendais beaucoup de ce périple, en réalité ma satisfaction a été totale, bien au-delà de mes espoirs ! »

 

La légende et le pélérinage

Saint Jacques - l'un des 12 apôtres - était parti évangéliser l'Espagne et y était enterré. Au 9ème siècle, un ermite aurait découvert son tombeau en un lieu où sera érigée la ville de Compostelle, à l'extrémité nord-ouest de la péninsule ibérique.

Le pèlerinage de Saint Jacques devient très vite l'un des 3 grands pèlerinages de la chrétienté avec Rome et Jérusalem. Il attire des foules extraordinaires aux 12ème et 13ème siècles mais perd de son importance ensuite, en raison des conflits guerriers ou religieux qui déchirent l'Europe.

De façon inattendue, c'est à la fin du 20ème siècle qu'un engouement nouveau se produit et que l'on voit réapparaître au long des anciens chemins des milliers d'hommes et de femmes mettant leurs pas dans ceux des "jacquets", leurs aînés d'il y a mille ans.

Ces nouveaux pèlerins ne sont pas tous des croyants, loin de là, mais plutôt des citadins avides de silence et de vérité, des "quêteurs d'absolu" désireux de faire un retour sur eux-mêmes et, comme le chantait Jacques Brel "tenter, sans forces et sans armure, d'atteindre l'inaccessible étoile"...

 

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