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« C'était un vieux rêve, une chose à laquelle je pensais depuis 15 ans
comme un défi personnel dont je parlais souvent aux amis…Malgré tout,
quand l'an dernier j'ai fait mes préparatifs, ils ont tous été étonnés,
d'autant que j'avais décidé de partir seul !
La distance du Puy en Velay à Compostelle est de 1 500 kilomètres. Pour
ma part, j'ai fait le trajet en 53 jours, donc en moyenne près de 30 km
par jour, entre le 17 avril et le 8 juin. Au début, on fait de plus
courtes distances, car le chemin est assez dur, avec des montées quasi
permanentes jusqu'à Conques. Au bout de 800 kilomètres, on est en pleine
forme et on peut faire 40 kilomètres et plus. Ma plus longue étape a été
de 52 kilomètres, mais c'était parce que le gîte où je devais dormir
était complet…
Il faisait parfois très frais le matin, surtout dans la traversée de
l'Aubrac. Le chemin est parfaitement balisé (dénommé GR 65 en France).
Je suis parti seul, mais en fait dès le premier jour, j'ai fait
connaissance avec des gens de toutes les nationalités (Suisses, Belges,
Hollandais, Brésiliens, Australiens), dont certains sont devenus de très
bons amis.
Pendant la journée, on peut être nombreux et en même temps marcher en
silence, être très "seul dans sa tête", il y a une sorte de
recueillement. On discute et on échange beaucoup à la fin des étapes,
qui commencent en général vers 7 heures du matin et se terminent en
milieu d'après-midi.
Tout le long du trajet il y a des gîtes pour accueillir les pèlerins. Le
confort est souvent "spartiate", surtout en Espagne. La partie espagnole
est beaucoup plus facile car le chemin est plus plat et le climat
agréable. Il y a de plus en plus de monde car plusieurs chemins se
rejoignent, d'abord à Roncevaux puis à Pampelune.
L'arrivée à Saint-Jacques est assez magique, on éprouve un sentiment
d'euphorie. J'attendais beaucoup de ce périple, en réalité ma
satisfaction a été totale, bien au-delà de mes espoirs ! » |