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« Dans ma jeunesse, j’avais certes une attirance pour les beaux arts
puisque je me suis inscrit à l’école Boulle, pour m’orienter vers
l’architecture d’intérieur.
A la fin de mes études, j’ai été embauché dans une entreprise
d’agencement "haut de gamme", pour laquelle j’ai participé à des
chantiers à l’Elysée, à l’Assemblée Nationale, ou encore à la
Bibliothèque Nationale de France. Mon métier m’a vite accaparé et je
n’avais pas le temps de me lancer dans la peinture, pour laquelle
j’estimais n’avoir aucun talent.
Il y a quelques années, la diminution des commandes a plongé le groupe
qui m’employait dans des crises à répétition, avec plusieurs rachats
successifs. J’ai alors décidé de partir avant l’effondrement pour
prendre la direction d’une petite affaire d’ébénisterie dans l’ouest
parisien.
Tout cela me causait beaucoup de soucis et j’avais besoin de me changer
les idées. Le déclic a eu lieu à l’occasion d’une exposition de dessins
d’enfants à l’école de Servon : j’étais stupéfait par le talent et la
créativité des élèves de maternelle. L’institutrice suivait les cours de
Joëlle Cuzin et m’a invité à rejoindre le groupe.
Je me suis lancé dans la réalisation d’une toile pour l’expo 2001, sans
avoir fait de peinture à l’huile auparavant. C’était un sujet très
difficile, avec des effets de transparence à la manière de Vermeer.
Maintenant je me mets au chevalet le samedi et le dimanche, de temps en
temps aussi le soir pendant une heure. Ce sont des huiles, mais aussi
des aquarelles et même une tentative de " peinture au doigt ". En
général je peins d’après photo des paysages, des natures mortes, des
portraits, mais j’ai entrepris récemment la peinture d’après nature.
J’en suis à une dizaine de tableaux en deux ans.
A Servon, il y a un foisonnement d’activités surprenant : la majorité
des élèves n’ont jamais fait de peinture et réalisent des choses
extraordinaires. Dans le groupe, il y a des gens beaucoup plus doués que
moi, qui auraient largement mérité le premier prix.
Sans véritable don (ce qui est mon cas), il faut travailler beaucoup,
c’est un peu ingrat mais avec le temps on se découvre une passion qu’on
n’imaginait pas au début. ». |